5 novembre 2019

ACTUALITÉ

 

 

Suicide à la Prison Leclerc,

La FFQ exige des actions

 

Une femme s’est suicidée mardi dernier, le 5 novembre à la Prison Leclerc.

C’est le troisième suicide qui survient dans cette prison pour femmes en l’espace de deux ans. 

Dix  tentatives de suicide ont également eu lieu dans la même période. 

Les conditions déplorables de détention sont régulièrement dénoncées par les avocats et les organismes de défense des droits de la personne. 

La Fédération des femmes du Québec, membre de la Coalition d’action et de surveillance sur l’incarcération des femmes au Québec, dénonce un traitement inhumain, proprement indigne d’une société qui met de l’avant des valeurs humanistes.

Nous dénonçons également une violence étatique sous la forme de criminalisation des survivantes de violence. En tant que féministes, nous croyons que les prisons sont un lieu de reproduction de la violence étatique, où les femmes sont davantage vulnérables. 

“Madame M” était une mère de famille de trois enfants réfugiée au Québec.

Elle s’était enfuie au Canada pour protéger ses enfants d’un père violent établi aux États-Unis. 

En tant que femme dans une société patriarcale, elle était victime d’une double violence: la violence conjugale et la violence institutionnelle qui la menaçait d’un procès pour “enlèvement” alors qu’elle cherchait à protéger ses enfants, à défaut d’être protégée par les pouvoirs publics.

Madame M a été arrêtée la semaine dernière suite à un jugement rendu par la Cour Suprême, le 17 octobre dernier. Elle était détenue à la Prison Leclerc, en attendant son extradition. Dix-neuf jours plus tard, elle est retrouvée morte dans sa cellule.

Et pour cause, cette prison pour femmes maintient les détenues dans des conditions inhumaines:

“les femmes dorment avec leur manteau d’hiver”, “les fouilles à nu sont multiples et les injures fusent”, “avoir un médecin, un psychiatre ou un psychologue est quasiment impossible ” rappelait Lucie Lemonde, porte-parole de la Ligue des droits et libertés en février 2019, tandis que Fanny, ancienne détenue, témoignait des “ douches encrassées, des drains infestés de vers et de mouche, d’eau parfois impropre à la consommation, de punaises de lit et de souris ” en décembre 2018.

La Fédération des femmes du Québec lance un cri du coeur auprès des pouvoirs publics. 

Il n’est plus question de mots, il est question d’action concrète pour enrayer la mise à mort psychologique de ces femmes, qui a mené ici à une troisième mort physique. 

Pendant que le gouvernement du Québec se prévaut d’un « test de valeurs québécoises » à faire passer aux nouveaux immigrants, il est inacceptable que les autorités québécoises permettent une telle situation. À ce jour, le ministère de la Sécurité publique n’a pris aucune action, et ce malgré nos nombreux signalements. 

Nous appelons les pouvoirs publics à prendre urgemment en compte ce dossier. Nous en appelons aux décideurs politiques pour porter ce dossier à l’Assemblée nationale. 

La FFQ est déterminée à porter ce dossier jusqu’à que des actions concrètes soient – enfin – prises par les autorités publiques.