vivre et travailler avec mon ex

Réflexions en maison d’hébergement; le passé; vivre et travailler avec mon conjoint

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Je travaillais déjà à l’usine lorsque je l’ai connu. J’avais une très bonne relation avec mes collègues; on parlait beaucoup, l’ambiance était bonne et la bonne humeur y était. J’étais très énergique et je parlais avec tout le monde sans problèmes. Il est venu travailler à l’usine, sur le même quart de travail que moi.

Il s’est mis à me dire que plusieurs collègues parlaient dans mon dos, riaient de moi, me traitaient de salope… Je l’ai cru. Pourquoi me mentirait-il? J’ai diminué mes conversations au travail, on prenait nos pauses dans mon auto, je me tenais à l’écart et on a commencé à aller dîner à la maison. Pendant une demie journée, j’ai eu un coéquipier à mon poste. Il nous a vu et a jugé qu’on avait trop de plaisir ensemble, j’ai eu droit à une crise de jalousie pendant la première pause et une crise monumentale de retour à la maison. J’osais encore moins discuter avec n’importe qui puisque je travaille avec presque seulement des hommes. Il disait que je faisais de l’œil à tout ceux à qui je parlais et que je me comportais de façon indécente, j’en suis venue à me questionner sur ma manière d’être…

Il a démissionné quelques semaines plus tard, sans préavis, sans en parler à personne… Il a seulement quitté durant la journée. J’ai continué mon retrait, de peur qu’il vienne m’espionner puisqu’il le faisait à la maison. Il mettait son téléphone sur écoute et le cachait quelque part lorsqu’il quittait la maison quelques heures et il me disait que avant ma pause, il venait parfois cacher son téléphone pour savoir ce que je disais et à qui.

Il tenait à venir me reconduire et me chercher pour garder le contrôle de ma voiture et être certain que j’allais bien à l’usine. Parfois, il partait avec mon auto, m’obligeant à demander à quelqu’un de venir me chercher.smiley Je voulais éviter les conflits. Il vidait le réservoir de carburant et mon portefeuille donc je ne pouvais simplement pas profiter de ma propre voiture. Les rares fois où j’ai pu me rendre seule, je me faisais questionner à savoir si j’y avais fait monter quelqu’un pendant les pauses, il disait même qu’il avait trouvé une cigarette dans mon auto et m’accusait d’avoir parler à quelqu’un puisque «  ce n’est pas notre sorte  ».

Lorsque je revenais de l’usine, il me questionnait toujours pour savoir à qui j’avais parlé, de quoi j’avais parlé, ce que j’avais fait… Parfois pendant des heures s’il jugeait que mes réponses n’étaient pas satisfaisantes. De ce fait, je me couchais souvent très tard et il voulait que je me lève plus tôt pour avoir une routine plus “normale” et pour qu’on se voit avant que je travaille.

Il est revenu porter sa candidature à l’usine. Nous avions séparément une bonne relation avec la dame des ressources humaines et elle savait que j’avais contracté un prêt pour lui donc pour nous aider, elle a travaillé pour qu’il puisse revenir. Il a été accepté, mais pas sur le même horaire que moi, ça l’a beaucoup frustré même s’il disait depuis des mois qu’il détestait ma routine.

À sa première joIMG_0021urnée, il n’est pas allé à l’usine, il a simplement téléphoné pour dire qu’il allait rentrer en même temps que moi sinon il n’entrait pas. Ils ont accepté. Il a seulement travaillé quelques jours et est reparti comme la première fois. Il ne voulait pas l’emploi, il voulait seulement me surveiller.

Lorsque j’étais au travail et lui à la maison, souvent je devais utiliser mon temps d’antenne sur mon cellulaire pour aller lui parler sur internet. Je ne riais plus, je ne parlais plus et je détournais comme possible les conversations qui me ou nous touchait de près ou de loin, en cachant ce qui arrivait ou en inventant des histoires. Je n’osais pas parler par peur qu’il l’apprenne puisqu’il me disait qu’il venait cacher son téléphone pour m’enregistrer pendant les pauses et qu’il me faisait surveiller par quelqu’un de l’usine.

Même en dormant je ne me reposais plus, il m’épuisait, j’avais moins de concentration à l’usine, ça sa aurait pu être dangereux. J’étais toujours stressée, nerveuse, angoissée, incertaine et ça se répercutait dans mon travail. J’étais moins patiente, moins attentive et plus gaffeuse. J’ai dû m’absenter quelques fois due à la fatigue et au stress. Je prétextais un malaise et je me dépêchais à rentrer de peur qu’il croit qu’entre mon départ de l’usine et mon arrivée à la maison j’aie fait quoi que ce soit. Je ne me sentais plus capable de travailler, mais en même temps le peu de répit que je pouvais avoir c’était à l’usine puisque là au moins je ne le voyais pas.

Je ne voulais pas participer au party de Noël qui approchait puisque je savais qu’il ne voudrait pas y aller et je ne voulais pas vivre ça avec lui à mes côtés puisque j’aurais été forcée de rester assise avec lui toute la soirée sans parler à quelqu’un de peur de dire ou faire quelque chose qui lui aurait donné une raison de paranoïer une fois de retour à la maison.

Je voulais aussi éviter que quelqu’un soit témoin de quelque chose parce que je ne voulais pas qu’il apprenne ou entende que je ferais mieux de le laisser puisque je voulais le sauver de lui-même et j’avais trop peur pour imaginer comment le laisser ou sa réaction face à ça. Les quelques fois où on me demandait si j’allais bien ou qu’on me faisait un commentaire sur mon humeur je disais que j’étais simplement fatiguée et que tout allait bien. Plus tard, j’ai appris qu’une collègue avait touché un mot à mon supérieur parce qu’elle trouvait que j’étais moins ”vivante” qu’à l’habitude, mais puisque je ne parlais plus, on ne me posait plus de questions.

C’est la dame des ressources humaines qui m’a convaincue de tout arrêter avec lui après que je lui ai tout raconté. Après avoir réussi à mettre fin à la relation, j’ai du être en arrêt de travail pendant 5 mois.