1 décembre 2019

Sensibilisation: Violence conjugale /  Aider les femmes en milieu de travail

Violence conjugale 

Aider les femmes en milieu de travail

 

Le reportage de Valérie-Micaela Bain

PHOTO : RADIO-CANADA

Radio-Canada

Publié le 30 novembre 2019

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale a lancé une campagne pour sensibiliser les employeurs à la violence dont peuvent être victimes leurs employées. Elle a pour but de les informer sur la problématique de la violence conjugale et de les inciter à mettre en place des mesures pour soutenir et accompagner les victimes.

Une travailleuse canadienne sur trois se dit victime de violence conjugale, selon une étude de l’Université Western, en Ontario. De ce nombre, la moitié des femmes affirme que la violence se poursuit sur leur milieu de travail. Ce peut être un conjoint ou un ex-conjoint qui les suit au travail, qui leur téléphone constamment, ou qui leur envoie des messages textes.

Lorsque la violence conjugale se poursuit sur le lieu de travail, les employeurs peuvent mettre en place des mesures pour aider les femmes. La présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Chantal Arseneault, dit que les employeurs peuvent charger un cadre ou une personne des ressources humaines d’écouter, d’être attentive, de soutenir les victimes ou les orienter vers des ressources.

Les employeurs peuvent changer le numéro de poste, le numéro de téléphone, le courriel, des mesures qui ne coûtent pas grand-chose et qui peuvent vraiment aider les femmes victimes. 

Chantal Arseneault, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Or, certains employeurs peuvent pénaliser les employées victimes de violence conjugale, croit le Regroupement, parce que celles-ci prennent des congés ou sont moins productives.

Pour la vice-présidente et représentante des femmes au Fonds de solidarité FTQ, France Paradis, les syndicats ont aussi leur rôle à jouer. Pour la personne qui est victime, sa productivité baisse, ses absences augmentent, ses retards augmentent. On demande le retrait des mesures disciplinaires des dossiers des employées, et le retrait des lettres administratives, affirme Mme Paradis.

On demande 5 jours en cas de violence conjugale. J’entends des employeurs qui disent : Oui, mais elles vont toutes se servir de ça. Je ne connais pas personne qui va se vanter d’avoir été victime de violence conjugale pour le fun.

France Paradis, vice-présidente, représentante des femmes, Fonds de solidarité FTQ

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale distribuera, à partir de lundi, des trousses à 500 grands employeurs et syndicats du Québec pour venir en aide aux femmes. Les trousses visent à les sensibiliser à ce phénomène et à leur donner des outils pour aider les victimes.

Les intervenantes des 43 maisons d’aide et d’hébergement du Regroupement offrent leur expertise aux employeurs et aux syndicats pour donner des formations sur la violence conjugale et faire connaître leurs services d’hébergement.

Syndicats et employeurs peuvent aussi poser des gestes concrets en aménageant le poste et les conditions de travail de la victime, en plus de mettre en place des mesures de sécurité adaptées comme le filtrage des appels ou des procédures spéciales si le conjoint violent se présente sur le lieux de travail.

Selon l’étude de l’Université Western, plus du tiers des victimes de violence conjugale ont parlé de leur situation avec des collègues ou d’autres personnes sur leur lieu de travail.

Avec les informations de Valérie-Micaela Bain